Nous avons établi que l'homme doit mourir pour ses péchés. Il ne peut accéder à Dieu parce qu'il est fondamentalement corrompu. Il existe une inimitié entre nous et Dieu. Nous ne sommes pas seulement étrangers à Dieu. Nous nous opposons à lui par la multitude de nos péchés. Nous sommes ses ennemis (Romains 5.10), ce qui est catastrophique lorsque nous considérons l'attitude de Dieu face à ses ennemis:
"L'Éternel est un Dieu jaloux, il se venge ; L'Éternel se venge, il est plein de fureur ; L'Éternel se venge de ses adversaires, Il garde rancune à ses ennemis. L'Éternel est lent à la colère, il est grand par sa force ; Il ne laisse pas impuni. L'Éternel marche dans la tempête, dans le tourbillon ; Les nuées sont la poussière de ses pieds. Il menace la mer et la dessèche, Il fait tarir tous les fleuves ; Le Basan et le Carmel languissent, La fleur du Liban se flétrit. Les montagnes s'ébranlent devant lui, Et les collines se fondent ; La terre se soulève devant sa face, Le monde et tous ses habitants. Qui résistera devant sa fureur ? Qui tiendra contre son ardente colère ? Sa fureur se répand comme le feu, Et les rochers se brisent devant lui. L'Éternel est bon, Il est un refuge au jour de la détresse ; Il connaît ceux qui se confient en lui. Mais avec des flots qui déborderont Il détruira la ville, Et il poursuivra ses ennemis jusque dans les ténèbres." (Nahum 1.2-8)
Ce passage révèle le sort réservé aux ennemis de Dieu. Donc notre sort à tous. Mais étrangement, le prophète Nahum prononce dans une même lancée des paroles tout à fait paradoxales dans ce descriptif de la colère divine: L'Éternel est lent à la colère (verset 3), il est bon et il est un refuge (verset 7). Nous avons là un indice de ce que Dieu préparait pour le monde depuis le début des temps: la possibilité d'échapper à la colère de Dieu.
Bouc émissaire
Le péché de l'homme le condamne. Mais lorsque Dieu se révèle à son peuple, il lui offre une chance inouïe: se débarasser de sa dette envers Dieu en la transférant vers une victime expiatoire, c'est à dire un être vivant qui mourra à sa place. Le salaire du péché doit être payé. Mais une victime peut payer à notre place:
"[Le sacrificateur] fera approcher le bouc vivant. Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d'Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché ; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l'aide d'un homme qui aura cette charge. Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée ; il sera chassé dans le désert"(Lévitique 16.20-22)
Ce rituel établi par Dieu s'inscrit dans un ensemble de lois rituelles ou des animaux sont non seulement chassés dans le désert pour y mourir de faim et être dévorés par les prédateurs, mais sont également égorgés et vidés de leur sang. Leur souffrance et leur mort permet à l'homme d'échapper à sa propre destruction. L'homme moderne peut trouver cela aberrant, surtout dans une ère écologiste ou l'homme est considéré comme un simple mammifère n'ayant pas plus de valeur qu'un autre animal. Mais la Parole de Dieu identifie l'homme comme un être supérieur, créé à l'image de Dieu. Les boucs, agneaux et autre animaux utilisés pour l'expiation des péchés de l'homme ne sont que des êtres temporels, qui s'éteignent définitivement au moment de leur mort.
Nous acceptons que les animaux versent leur sang pour nous nourrir. Pourquoi alors ne pas accepter que les animaux versent leur sang pour sauver l'âme humaine, qui est bien plus précieuse que le corps? Il ne s'agit pas d'un gaspillage. Il s'agit d'un don d'amour du Créateur.
L'homme peut considérer les rituels expiatoires de l'Ancien Testament avec dégoût et irrévérence, considérant qu'il s'agit de rites barbares qui font insulte à l'intelligence humaine. Mais ce qu'il ignore, c'est que ce sang versé devait être le siens. Cette souffrance et cette mort portée par les animaux lui était originalement destinée à cause de ses innombrables péchés. Il devait être la victime de ce carnage. Celui qui conteste le rituel expiatoire ne fait pas preuve de raffinement intellectuel mais d'aveuglement spirituel car il n'arrive pas à comprendre que quelqu'un doit payer pour ses péchés, sans quoi sa destruction est inévitable, conformément à la justice de Dieu. Et celui qui ne croit pas en un Dieu juste qui punit le péché se condamne lui-même à un mode de pensée absurde et au rejet de Dieu. On ne peut imaginer plus terrible destin, puisque Dieu est tout.
Mais un problème demeure. Nous avons déjà vu que nos péchés sont commis envers un Dieu infini et réclament donc un châtiment infini. Comment donc la mort d'un animal peut-elle compenser pour les péchés commis contre un Dieu infini? Paul répond à cette question sans détours: "il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés." (Hébreux 10.4)
En vérité, le rituel expiatoire n'avait en soi aucun pouvoir pour effacer les péchés de l'homme. Car il est impossible de payer une dette infinie à l'aide de la mort d'un seul animal. L'animal n'a pas suffisamment de valeur pour couvrir nos péchés. Ce que Dieu désirait en établissant ce rituel, c'était d'amener l'homme à reconnaître ses péchés et de comprendre l'inéluctabilité d'un prix à payer pour ces péchés. Il désirait amener l'homme à l'humilité et à la repentance plutôt qu'à l'auto-justification et au déni du mal. En vérité, Dieu désirait préparer le coeur de l'homme au grand miracle du Salut.
Il est vrai que quelqu'un pouvait payer le prix de nos péchés. Mais la victime devait être parfaite. Sa valeur devait surpasser le poids de nos fautes. Et il n'y avait qu'une victime pouvant répondre à cette exigence: Dieu lui-même. Si Dieu voulait sauver l'homme qu'il avait créé, il devait s'incarner, porter nos péchés et être exécuté. Et c'est ce miracle qui s'accomplit en la personne de Jésus Christ.
Jean le Baptise était plus qu'un saint vivant dans le désert et prêchant la repentance. Il était descendant d'Aaron. Aaron et ses descendants étaient les homme désignés par Dieu pour être sacrificateurs. Ils avaient pour mandat de transférer les péchés du peuple vers les victimes expiatoires. Mais Jean le Baptise se tenait éloigné du temple ou les sacrifices avaient lieu. Car il savait que là, au bord du Jourdain, viendrait vers lui l'ultime victime. Celle qui allait porter non seulement les péchés d'Israël mais de l'humanité entière. Et lorsque arriva ce moment béni ou Jésus se présenta devant lui, Jean prononça ces paroles:
"Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde" (Jean 1.29)
Pour l'homme charnel, le sang versé par les animaux n'a pas de sens. Par plus que le sang versé par Jésus sur la croix. Dawkins n'échappe pas à ce jugement collectif porté envers la Révélation du Salut. Il considère tout cela comme la soif de sang d'un Dieu sadique. Alors que que ce sang a été versé afin que lui-même ne périsse point à cause de ses péchés.
Il n'existe pas de vérité plus transcendante et sublime que celle de la mort expiatoire de Jésus. Il n'existe pas de manifestation plus extravagante de l'amour de Dieu pour l'homme. Mais cette vérité ne peut être reçue par la seule intelligence humaine. Ni Dawkins, ni moi, ni personne ne peut appréhender un tel mystère. Mais pour tous ceux qui reconnaissent leur nature déchue et leur besoin d'être pardonnés et sauvés par Dieu, le mystère de la croix se révèle dans toute sa splendeur:
Dawkins condamne la soif de sang du Dieu de la Bible. Et ce faisant, il atteste la vérité des Écritures:
"Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit : Je détruirai la sagesse des sages, Et j'anéantirai l'intelligence des intelligents. Où est le sage ? où est le scribe ? où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.
Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : nous, nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.
Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. Or, c'est par lui que vous êtes en Jésus Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption..." (1 Corinthiens 1.18-30)

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