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« Le Dieu de l'Ancien Testament est sans doute le personnage le plus désagréable de toutes les histoires de fiction: jaloux et fier de l'être; mesquin, injuste, rancunier et obsédé du contrôle; adepte de l'épuration ethnique, vindicatif et assoiffé de sang; misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocide, filicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste, tyrannique et capricieusement malveillant. » (Richard Dawkins, The God delusion)
« Le Dieu de l'Ancien Testament est sans doute le personnage le plus désagréable de toutes les histoires de fiction: jaloux et fier de l'être; mesquin, injuste, rancunier et obsédé du contrôle; adepte de l'épuration ethnique, vindicatif et assoiffé de sang; misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocide, filicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste, tyrannique et capricieusement malveillant. » (Richard Dawkins, The God delusion)
Un Dieu rancunier
La rancune est le « souvenir tenace que l'on garde d'une offense, d'un préjudice, avec de l'hostilité et un désir de vengeance. » Dawkins n'a donc pas tout à fait tort en attribuant ce qualificatif à Dieu. La Bible enseigne en effet que Dieu est vengeur: « A moi la vengeance et la rétribution, Quand leur pied chancellera ! Car le jour de leur malheur est proche, Et ce qui les attend ne tardera pas. » (Deutéronome 32.35). Cette idée d'un Dieu vengeur n'est pas un concept suranné de l'Ancien Testament. Elle est au contraire au centre de la Révélation. Jésus a annoncé lui-même un jour de vengeance (Luc 21.22)
La vengeance découle directement de la justice divine. Le péché doit être puni, sans quoi Dieu serait injuste et incohérent. Dieu ne peut établir des lois spirituelles, assister au viol systématique de toutes ces lois par la race humaine, puis passer l'éponge sous prétexte qu'il est un Dieu bon. Cela rendrait chacun de ses commandements futiles et impliquerait que le même sort est réservé à tous les humains, de l'enfant le plus candide au tyran le plus violent. Que dirait-on d'un juge qui entend le plaidoyer d'un homme accusé d'avoir assassiné et violé une dizaine de fillettes et qui, sur preuve de sa culpabilité, décide malgré tout de lui rendre sa liberté sous prétexte qu'il est un juge miséricordieux? Tout le monde condamnerait les procédés de ce juge et exigerait sa radiation. A combien plus forte raison doit-on s'attendre à ce que le Parfait Juge ne laisse aucun péché impuni!
La vengeance n'est un péché que lorsqu'elle est exercée par l'homme. Car la vengeance de l'homme n'accomplit pas la justice divine. Lorsqu'une injustice est commise, nous ressentons tous de la colère, que cette justice soit commise envers quelqu'un d'autre ou contre nous-mêmes. Cette colère engendre un désir de vengeance qui est peut-être issu en partie de l'empreinte de Dieu en nous. Notre sens inné de la justice provoque une vive réaction intérieure. Cependant, ce n'est pas à nous d'exécuter cette vengeance car ce n'est pas à cela que nous avons été appelés. Le passage cité plus haut, « À moi la vengeance et la rétribution » démontre que Dieu se réserve le droit de juger, de condamner et de punir. Le rôle de l'homme est d'aimer et d'intercéder pour ceux qui font le mal. Lorsque nous rendons le mal pour le mal, oeil pour oeil et dent pour dent, nous sombrons dans le chaos et la guerre car nous empiétons sur la juridiction divine et tentons d'accomplir la justice par nous-mêmes, ce qui est absolument impossible et aberrant en considérant notre déchéance et notre incapacité à juger correctement.
La rancune de Dieu n'est pas comme celle que l'on rencontre chez l'homme. Elle est tenace, en ce sens qu'elle ne cède jamais au compromis, mais elle fait place à la miséricorde dès que la fautif se repent. Dieu ne veut pas la perte de l'homme. Il lui tend constamment la main. Il l'appelle, le corrige, le menace, l'encourage, de toutes les façons possibles, afin qu'il regrette ses voies mauvaises et se tourne vers Lui. Nul part dans la Bible nous ne voyons Dieu qui refuse de pardonner à celui qui s'amende. La bible répète à plusieurs reprises que l'Éternel est "lent à la colère et riche en miséricorde" et nous en avons la démonstration tout au long des Écritures. La colère de Dieu ne persiste que pour ceux qui vivent dans le péché et l'auto-justification: « Dieu résiste aux orgueilleux mais il fait grâce aux humbles » (Jacques 4.6 et 1 Pierre 5.5) La colère de Dieu est pour ceux qui rejettent la grâce, qui pèchent contre l'Esprit, qui refusent de se soumettre à l'autorité du Roi des rois.
S'il est vrai que « Dieu est amour » (1 Jean 4.8) et qu'il « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Matthieu 5.45), il est aussi vrai que Dieu est juste et qu'une fois le temps de la patience terminé, c'est sa colère qui se manifeste envers ceux qui le rejettent. Il s'agit d'une colère terrible, comme l'exprime d'une façon saisissante le prophète Jérémie (voir Jérémie 25.31-38). C'est cette colère qui fait dire à Paul: « C'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant.» (Hébreux 10.31)
En vérité, tout personne rêve secrètement que justice soit faite, en considérant le mal commis sur sur la terre. Mais cette soif de justice disparaît subitement lorsqu'elle est susceptible de nous toucher personnellement. Nous aimerions que les grands criminels paient pour leurs péchés mais nous ne voulons pas payer pour les nôtre et préférons croire en un Dieu injuste qui tourne simplement la tête lorsque nous faisons ce qui lui déplaît. Il n'existe cependant pas de péché mignon ou de péché respectable. «Le salaire du péché, c'est la mort» (Romains 6.23) et Dieu veille avec fidélité à ce que justice soit faite pour tous, y compris ceux qui s'estiment bons et vertueux mais qui demeurent corrompus aux yeux de Celui qui sonde le coeur et les reins. C'est pour cette raison que Dieu devait s'incarner et verser son sang en rémission des péchés. Car justice devait être faite. Ou bien l'humanité entière payait de sa vie pour ses péchés. Ou bien le Père envoyait son fils unique «afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais ait la vie éternelle.» (Jean 3.16)
Dieu est miséricordieux. Mais pour ceux qui le rejettent, il ne reste que la vengeance et la rancune: « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jean 3.36)
Dieu est saint et juste. L'homme aimerait un Dieu compromis. Mais il ne le sera jamais. Car il est parfait.

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