vendredi 22 janvier 2010

Un Dieu homophobe?

1 :: 2 :: 3 :: 4 :: 5 :: 6 :: 7 :: 8 :: 9 :: 10 :: 11 :: 12


« Le Dieu de l'Ancien Testament est sans doute le personnage le plus désagréable de toutes les histoires de fiction: jaloux et fier de l'être; mesquin, injuste, rancunier et obsédé du contrôle; adepte de l'épuration ethnique, vindicatif et assoiffé de sang; misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocide, filicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste, tyrannique et capricieusement malveillant. » (Richard Dawkins, The God delusion)

Un Dieu homophobe

"Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination." (Lévitique 18.22)

Si l'on en juge par cette prescription donnée à Moïse par Dieu, l'homosexualité est définitivement réprouvée par ce dernier.  Non seulement est-elle réprouvée mais elle était aussi à l'époque passible de mort:

"Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux." (Lévitique 20, 13)

Nous ne pouvons comprendre ces prescriptions qu'en considérant à nouveau la nécessité de préserver le peuple élu du péché pendant la phase pré-messianique de l'humanité.  Comme nous l'avons vu dans l'article Un Dieu obsédé du contrôle et adepte de l'épuration ethnique? , la pérennité de la Révélation était conditionnelle à la survie du peuple juif en tant que société théocratique.  Si Dieu ne punissait pas le péché, celui-ci aurait amené le peuple de Dieu à l'auto-destruction.  Nous avons une démonstration flagrante de ce principe en observant l'histoire des États-Unis.  Cette nation fondée sur des principes chrétiens a longtemps été un joyau de la démocratie et de la liberté qui a donné naissance à de grands penseurs, inventeurs, entrepreneurs, etc.  Mais dans les dernières décennies, les fondements chrétiens se sont désagrégés, conduisant les États-Unis à devenir parmi les chefs de file en matière de destruction environnementale, de violence, de perversion, d'hypocrisie religieuse.  A cause du péché originel, une nation qui abandonne Dieu et qui est laissée à elle-même est vouée au chaos.

Dieu ne punissait pas de mort seulement ceux qui pratiquaient l'homosexualité.  Plusieurs autres péchés étaient passibles de mort.  En fait, Dieu s'appliquait à garder son peuple de la déchéance morale et de l'idolâtrie en supprimant systématiquement ceux qui optaient ouvertement pour la désobéissance, que ce soit par l'homosexualité ou par d'autres fautes morales.  Forts de notre prétention humaine, nous pouvons contester les voies de Dieu à ce chapitre.  Mais le fait est que si ce n'eut été de ces pénibles sacrifices, personne de nous ne serait ici aujourd'hui.  La race humaine se serait détruite elle-même à cause de sa propension au mal.  Il n'y a qu'à considérer certaines villes qui, à l'époque de l'Ancien Testament, ne bénéficiaient pas de la présence de Dieu: Ninive, par exemple, était une version à grande échelle du Bronx de New-York: le crime y était devenu généralisé (Voir Nahum 3).  Quant à Sodome, la perversion sexuelle y était si grave que lorsque les deux anges de Dieu visitèrent Lot et sa famille, TOUS les hommes de Sodome tentèrent de briser la porte de sa demeure afin d'agresser sexuellement les deux visiteurs qu'ils croyaient être humains (Voir Genèse 19).

En fait, ce n'était pas tant l'homosexualité qui était passible de mort que l'acte homosexuel.  Le problème n'était pas tant la tentation sexuelle, le désir éprouvé envers le même sexe, que la décision de rejeter les préceptes de Dieu et de vivre selon ces désirs déviants.

La venue du Messie mit fin aux mises à mort.  Car désormais ce n'était plus la loi mais la grâce qui devait porter le peuple de Dieu jusqu'à la consommation des siècles.  Mais l'homosexualité demeure un péché lorsqu'elle dépasse le cadre de la tentation et qu'elle mène à un mode de vie délibérément homosexuel:

"C'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l'usage naturel en celui qui est contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes" (Romains 1.26-28)

Dieu n'est pas homophobe.  Mais il demeure un Dieu Saint qui punit le péché:

"Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le royaume de Dieu." (1 Corinthiens 6.9-10)

" Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort." (Apocalypse 21.8)

Si nous considérons la liste des péchés cités dans les deux passages précédents, aucun de nous n'est digne du Salut.  Car nul n'est innocent devant Dieu.  L'homosexualité n'est pas un péché plus abominable que le mensonge ou l'envie.  Celui qui est de Dieu sait ces choses et aime l'homosexuel car ce dernier partage notre condition humaine et dépend comme nous de la grâce de Dieu.  L'homophobie n'est pas un trait du Dieu de la Bible, ni même du chrétien.  Elle est le symptôme de l'apostat qui se prétend chrétien.  L'homophobie est un symptôme qui laisse présager la damnation.  Car celui qui hait ou méprise les homosexuels ne peut aimer Dieu:

"Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour." (1 Jean 4.8)

 et encore:

"Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ?" (1 Jean 4.20)

Si le Dieu de la Bible s'incarnait à nouveau dans notre monde comme il l'a fait en Jésus Christ, il ne justifierait pas le péché.  Mais il pardonnerait le pécheur.  Comme il l'a fait avec la prostituée, que les pharisiens désiraient condamner et lapider.  Il s'adresserait à l'homosexuel repentant en lui disant ces paroles libératrices:

"Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus." (Jean 8.11)

Jésus n'a pas justifié l'immoralité.  Il l'a pardonné pour ensuite appeler à la sainteté.  "Va.  Ne pèche plus".  La société, quant à elle, dit: "Va.  Continue de pécher.  Dieu - s'il existe - t'accepte comme tu es."  Dawkins, comme tout autre humaniste, ne peut comprendre le rejet de l'homosexualité parce que la logique seule ne peut permettre de la condamner.  La logique n'est qu'un système arachaïque de déductions.  Elle ne peut appréhender que des données mathématiques.  Elle conclut donc qu'un acte qui ne fait de mal à personne (en apparence) et qui est pratiqué entre adultes consentants est nécessairement moralement acceptable.  Et par conséquent un Dieu qui s'oppose à un acte moralement acceptable ne peut qu'être injuste ou inexistant.

On ne peut donc apporter d'argument logique valable pour condamner l'homosexualité.  Mais nous pouvons néanmoins admettre que Dieu n'est pas homophobe.  Car si je réprimande ou punit mon enfant parce qu'il a menti, suis-je "filiphobe" ou "pédophobe"?  La condamnation d'un comportement implique-t-il la haine de celui qui le pratique?  Aucunement.  La correction est une manifestation de l'amour:

"...vous avez oubliez l'exhortation qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, Et ne perds pas courage lorsqu'il te reprend ;  Car le Seigneur châtie celui qu'il aime, Et il frappe de la verge tous ceux qu'il reconnaît pour ses fils.  Supportez le châtiment : c'est comme des fils que Dieu vous traite ; car quel est le fils qu'un père ne châtie pas ?  Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils.  D'ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés, et que nous les avons respectés, ne devons nous pas à bien plus forte raison nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ?  Nos pères nous châtiaient pour peu de jours, comme ils le trouvaient bon ; mais Dieu nous châtie pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté.  Il est vrai que tout châtiment semble d'abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice.  Fortifiez donc vos mains languissantes Et vos genoux affaiblis ;  et suivez avec vos pieds des voies droites, afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse.  Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur" (Hébreux 12.5-14)

L'homosexualité ne relève pas de la sanctification demandée par Dieu.  Mais l'homosexuel est aimé du Dieu de la Bible.

1 :: 2 :: 3 :: 4 :: 5 :: 6 :: 7 :: 8 :: 9 :: 10 :: 11 :: 12

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire