vendredi 15 janvier 2010

Un Dieu vindicatif et assoiffé de sang? (Partie 1)

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« Le Dieu de l'Ancien Testament est sans doute le personnage le plus désagréable de toutes les histoires de fiction: jaloux et fier de l'être; mesquin, injuste, rancunier et obsédé du contrôle; adepte de l'épuration ethnique, vindicatif et assoiffé de sang; misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocide, filicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste, tyrannique et capricieusement malveillant. » (Richard Dawkins, The God delusion)

Le terme "vindicatif" se rapproche de celui de "rancunier" cité auparavant.  Le terme signifie: Qui est porté à se venger (Larousse).  Bien que la vengeance de Dieu a déjà été abordée auparavant, nous avons ici une belle opportunité d'approfondir la notion de la vengeance de Dieu, d'autant plus qu'elle est directement reliée à ce que Dawkins appelle la "soif de sang" du Dieu de la Bible.

Toujours selon le Larousse, le verbe venger signifie: Procurer réparation d'une offense, d'un préjudice en en punissant l'auteur.

Chaque offense commise contre quelqu'un engendre une dette.  Si je frappe ou que j'injurie quelqu'un, je ne commet pas un acte insignifiant qui n'a aucune portée.  Je génère un déséquilibre.  J'entache la perfection.  Je deviens responsable et redevable pour l'offense commise.  Cette vérité est au coeur-même de la notion de justice.  Nos nations se sont dotées de systèmes judiciaires afin que justice puisse être rendue.  Ces systèmes ne sont pas parfaits, puisqu'ils sont issus d'un monde pécheur.  Mais ils révèlent notre sens inné de justice et notre besoin d'obtenir réparation, autant individuellement que collectivement.

Lorsque Caïn tua son frère Abel (Genèse 4.8) par esprit de jalousie, il contracta une dette envers son frère et envers Dieu.  Dieu se manifesta à lui, le pressant à confesser sa terrible faute.  Mais Caïn tenta de se soustraire à la justice de Dieu en mentant et en niant sa responsabilité:

"L'Éternel dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ?" (Genèse 4.9)

Caïn niait.  Mais sa faute demeurait.  Il avait versé le sang de son frère.  Cela exigeait réparation:

"Dieu dit : Qu'as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi." (Genèse 4.10)

Puisque Dieu est juste, le sang versé par Caïn devait être vengé.  Dieu n'élève pas des enfants-roi comme nous le voyons dans notre société contemporaine.  Il ne se contente pas de menacer sans jamais mettre à exécution ses menaces.  Dieu est fidèle et juste.  Dans sa miséricorde comme dans sa justice.  C'est pourquoi il maudit Caïn et le condamna:

"Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.  Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre." (Genèse 4.11-12)

La faute commise par Caïn entraîna non seulement un châtiment physique mais une malédiction.  Car même si l'offense avait été perpétrée contre un homme, elle s'attaquait ultimement à Dieu et à sa souveraineté.  Elle était une violation des lois divines.  Une gifle au visage de sa Majesté, de celui qui avait donné la vie à Caïn et Abel et les avait couvert de son amour.

Ainsi en est-il de tout péché.  Non seulement le meurtre... mais toute action allant à l'encontre des commandements de Dieu.  Le péché entraîne une dette.  La dette exige une rétribution.  Cette rétribution se manifeste par la vengeance de Dieu.  Et puisque le péché est commis contre un Dieu saint, parfait, éternel et infini, la vengeance divine est sainte, parfaite, éternelle et infinie.  Le salaire du péché est la mort et la séparation d'avec Dieu.  Les tourments éternels.

Cette réalité implique que l'humanité est par défaut une race perdue et condamnée à l'avance.  Dès qu'un homme naît, il naît pécheur.  Il porte en lui la marque de la malédiction originelle.  Malgré tous ses efforts, il fait le mal qu'il ne veut pas faire et il ne fait pas le bien qu'il veut faire.  Et même lorsqu'il fait le bien, ses bonnes actions sont corrompues par des intentions malsaines.  Le prophète Ésaïe résume cette terrible condition humaine:

"Tu vas au-devant de celui qui pratique avec joie la justice, De ceux qui marchent dans tes voies et se souviennent de toi. Mais tu as été irrité, parce que nous avons péché ; Et nous en souffrons longtemps jusqu'à ce que nous soyons sauvés.  Nous sommes tous comme des impurs, Et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; Nous sommes tous flétris comme une feuille, Et nos crimes nous emportent comme le vent.  Il n'y a personne qui invoque ton nom, Qui se réveille pour s'attacher à toi : Aussi nous as-tu caché ta face, Et nous laisses-tu périr par l'effet de nos crimes." (Ésaïe 64.5-7)

La dette humaine envers Dieu est énorme.  Elle est proportionnelle à la grandeur du Dieu offensé: sans limites.  Pourtant, nous voyons dans l'Ancien testament que Dieu offre une possibilité d'échapper à la condamnation éternelle: le rituel expiatoire.  Ce qui nous mène au point suivant, qui sera traité dans la prochaine partie de cet article.

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