samedi 30 janvier 2010
De retour en janvier 2011
Je prends maintenant une pause jusqu'en janvier 2011. Si vous désirez discuter, vous pouvez communiquer avec moi au jeanlandryjr @ gmail.com Au plaisir de vous revoir. Que Dieu vous bénisse. :o)
mercredi 27 janvier 2010
Un Dieu tyrannique et capricieusement malveillant?
« Le Dieu de l'Ancien Testament est sans doute le personnage le plus désagréable de toutes les histoires de fiction: jaloux et fier de l'être; mesquin, injuste, rancunier et obsédé du contrôle; adepte de l'épuration ethnique, vindicatif et assoiffé de sang; misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocide, filicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste, tyrannique et capricieusement malveillant. » (Richard Dawkins, The God delusion)
Un Dieu tyrannique
Ainsi se termine cette citation de Dawkins: le Dieu de la Bible est tyrannique et capricieusement malveillant. Deux termes génériques qui résument assez bien l'ensemble de ses propos. Il est inutile de débattre de la tyrannie de Dieu puisque ce point a déjà été abordé lorsque nous avons traité de sa prétendue obsession du contrôle. Une seule remarque pourrait cependant être ajoutée à ce chapitre: Un tyran est un souverain despotique qui abuse de son pouvoir. Pourtant, nous ne pouvons que convenir que l'humanité jouit d'une liberté impressionnante. Si je me lève ce matin et qu'il me prend la folie d'aller battre mon voisin à coups de bâton, Dieu ne m'en empêchera pas. Un Dieu tyran aurait tôt fait de me foudroyer pour avoir désobéit ainsi à un commandement biblique. En fait, il n'y a presque pas de limites au mal que je peux faire. Et il en est de même pour tout homme, depuis la chute d'Adam et Ève jusqu'à aujourd'hui. Même dans l'Ancien testament, Dieu accorde une liberté presque outrageuse. Nous avons l'impression qu'il talonne continuellement l'humanité pour la punir à chaque faux pas. Mais chacune de ses actions surnaturelles ne sont que des événements ponctuels qui s'étendent sur des milliers d'années d'histoire. Si nous répartissons les actions surnaturelles de Dieu et ses châtiments sur toute la période couverte par l'Ancien Testament, nous réalisons que Dieu est sommes toutes très silencieux. Il ne se manifeste que très rarement, lorsque son peuple est dans un tel péril physique ou moral qu'il risque de s'éteindre à jamais.
N'est-ce pas intéressant? Lorsque Dieu agit de façon surnaturelle et qu'il punit le péché ouvertement, nous crions à la tyrannie. Et lorsqu'il demeure silencieux comme dans le siècle actuel, nous crions à l'indifférence et concluons que Dieu n'existe pas. Finalement, puisqu'aucune des facettes de Dieu ne semble plaire au genre humain, peut-être que le problème n'est pas dans les cieux mais sur la terre. Peut-être que le problème se situe au niveau de notre rapport avec l'autorité. Ne voyons-nous pas le même phénomène au niveau politique? Lorsqu'un gouvernement légifère et exerce son pouvoir, le peuple crie à l'ingérence, à l'abus de pouvoir, au viol de la démocratie. Mais si le même gouvernement se retire de certains dossiers et essaie de responsabiliser les gens, le même peuple crie à l'indifférence et à l'irresponsabilité.
Capricieusement malveillant
"...je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance. Vous m'invoquerez, et vous partirez ; vous me prierez, et je vous exaucerai. Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre coeur." (Jérémie 29.11-13)
Ces quelques versets bibliques résument la pensée de Dieu, qui transparaît à travers l'entièreté des Écritures. Malgré la relation chaotique qui lie le Créateur à sa créature, nous voyons que Dieu ne baisse jamais les bras et que toute sa puissance et sa sagesse est déployée afin de convaincre l'humanité de se tourner vers lui. Dieu ne devrait pas avoir à nous convaincre. Car il est tout en tout. Il est le plus grand trésor imaginable. Il est la source de la vie, de la paix et du bonheur. Mais l'homme ne voit pas les choses ainsi. L'homme soupçonne Dieu de malveillance et est continuellement tenté de s'éloigner de Lui. Dawkins exprime ici ouvertement ce que tout homme recèle à différents degré en son propre coeur: le doute sur les bonnes intentions de Dieu.
Habituellement, c'est au milieu de la souffrance que chacun de nous est tenté de douter de Dieu ou de ses intentions à notre égard. Par exemple, lorsque Dieu libéra son peuple de l'esclavage égyptien, ce dernier eut à traverser de nombreuses épreuves qui le rendit sujet au doute. Car bien qu'ils étaient libres, ils devait supporter la souffrance et ne pouvaient concevoir que Dieu permette que de telles choses arrivent. C'est pourquoi ils en vinrent à dire d'une seule voix:
"C'est parce que l'Éternel nous hait, qu'il nous a fait sortir du pays d'Égypte, afin de nous livrer entre les mains des Amoréens et de nous détruire." (Deutéronome 1.27)
Si la souffrance amène souvent le doute, il faut cependant creuser plus profondément pour découvrir la cause fondamentale de cette suspicion. Il faut en fait remonter au récit de la chute originelle pour comprendre que le doute est en fait une suggestion satanique:
Le récit de la Genèse, qui est souvent perçu comme une fable naïve, est en fait un texte historique d'une justesse remarquable, qui révèle le germe de tout mal. Les philosophes consacrent beaucoup d'énergie au problème du mal mais font fausse route en ignorant ce texte.
Nous voyons dans ce passage qu'en entamant la conversation avec Satan, Eve s'expose à des paroles qui secoueront la foi innocente qu'elle avait en Dieu. Après qu'elle eut exposé à Satan les ordonnances divines concernant l'arbre interdit, ce dernier s'objecte et dit: Vous ne mourrez point.
Cette seule déclaration est infiniment pernicieuse car elle attaque la vérité de Dieu. Dieu dit: "Vous mourrez." Satan dit: "Vous ne mourrez point", ce qui implique: "Dieu a menti". Vraiment? La Vérité aurait donc mentie? Le créateur de toute chose serait donc affecté d'une faille morale? Et tandis que la femme est ébranlée par les implications d'une telle déclaration, Satan porte un deuxième coup, celui-là encore plus perfide et stratégiquement destructeur: "Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal." Maintenant, Satan ne se contente pas de prétendre que Dieu ment; il explique subtilement quels seraient les motifs de Dieu pour mentir: Dieu serait en vérité assoiffé de pouvoir. Un obsédé du contrôle. Un tyran. Il ne veut donc pas que l'homme soit un dieu. "Dieu sait" mais Dieu cache. Il ment pour que nous ne soyons pas comme lui.
Soudain, la relation entre Ève et son Père céleste est rompue par le doute: Dieu serait-il donc malveillant? Abuserait-il de son pouvoir? Une fois que le doute s'installe, une fois que Dieu n'est plus parfait et glorieux aux yeux de la créature, l'esprit cherche d'autres voies. Le coeur cherche un autre port d'attache. Car si Dieu est imparfait, s'il est malveillant, pourquoi l'écouter? Pourquoi même l'adorer? Alors le fruit défendu se présente dans tout ce qu'il a de frais et de nouveau. Plein de promesses. Et la plénitude jadis connue en Dieu semble cette fois pouvoir être atteinte dans le plaisir. Survient alors la désobéissance. Alors ce qui était un doute devient une conviction intérieure. Dieu n'est plus le Roi. Il est une entité déjà lointaine. Alors qu'il était visible, il est désormais invisible. Son amour n'est plus ressenti. Sa gloire ne fait plus le délice du coeur car l'idolâtrie vient de prendre place. L'amour pour Dieu a été remplacé par l'amour du monde. Le commandement suprême (Tu aimerais le Seigneur, ton Dieu), qui assurait la perfection édénique, est brisé par la suspicion et la désobéissance. Désormais, Dieu n'est plus attirant mais repoussant.
La contamination du mensonge satanique est si profonde et virulente que lorsque Dieu demande à Adam de rendre compte de sa désobéissance, ce dernier se trouve déjà dans un état de grave rébellion. Il ne se jette même pas à genoux pour implorer le pardon de Dieu. Il dit plutôt: "La femme que tu as mise auprès de moi m'a donné de l'arbre..." (Genèse 3.12) Adam attaque la femme qu'il devait protéger. Et il attaque le Dieu qu'il devait honorer. Alors que Dieu avait manifesté tout son amour à Adam en lui donnant une femme, Adam met fin à la gratitude et insinue que cette femme est la cause du péché. Et que si Dieu ne l'avait pas créé, rien de cela ne se serait produit. Si nous lisons entre les lignes, nous voyons Adam qui accuse Dieu de malveillance.
Désormais, les millénaires s'écoulent et le mensonge persiste. Et non seulement persiste-t-il mais il progresse dans notre histoire personnelle et collective: La suspicion mène d'abord au doute. Puis le doute mène à l'athéisme. Car nous savons instinctivement qu'un Dieu imparfait ne peut exister. Il s'agirait d'une incongruité philosophique. Le rejet du Dieu de la Bible se répand donc de façon exponentielle. Un consensus social prend forme. Le mensonge du Dragon antique devient la religion du monde moderne.
Et pourtant, l'âme humaine cherche. L'inéluctabilité de la mort la contraint à plonger son regard au-delà de ce monde visible. Elle considère alors Dieu. Et éventuellement l'Église qui est sensée le représenter. Mais alors le serpent siffle son propre évangile de suspicion. Et les mêmes mensonges proférés contre Dieu se déversent sur l'Église. L'Église est tyrannique, obsédée du contrôle, mesquine, homophobe, raciste et malveillante. N'est-ce pas ce que l'on entend toujours?
L'âme se ferme alors. Comme elle n'arrive plus à percevoir la bonté de Dieu, elle n'arrive pas à percevoir la beauté de l'Église, de la communauté des vrais croyants qui aiment le Seigneur et leur prochain, qui font de cette terre un monde meilleur. Elle ne rejette pas la vérité à cause d'un processus rationnel ou d'une soif de vertu, mais à cause d'une théophobie, d'un délire anti-spirituel, d'une paranoïa alimentée par une perception sélective et biaisée des attributs de Dieu et de son peuple. Elle est la victime des démons dont elle nie l'existence. Elle s'asphyxie en consommant le fruit défendu.
Il faut faire attention ici à ne pas juger. Je pourrais pointer Dawkins du doigt et condamner son athéisme. Mais l'athéisme, comme tout péché, se trouve en chacun de nous. En tant que chrétien, je peux prétendre croire en l'amour de Dieu. Mais lorsqu'une épreuve grave me frappe, la voix de l'ennemi ne réussit-elle pas à gagner en partie mes sentiments? N'ai-je pas soudain l'impression que Dieu m'a abandonné, qu'il ne se soucie pas de moi? Ne dis-je pas "Pourquoi?" au lieu de "Que ta volonté soit faite"? Ne suis-je pas coupable moi aussi de soupçonner Dieu de malveillance? Si je perd un enfant. Si je suis atteint d'un cancer. Si le tiers du monde est détruit par une catastrophe... vais-je toujours appeler Dieu, "Père"? Ou vais-je être tenté de joindre les rangs de Dawkins? Ma prière est que la connaissance que j'ai aujourd'hui demeure la même, peu importe les circonstances. Et que mon amour et ma confiance en lui ne cessent de croître, par sa grâce, quel que soit mon destin.
En conclusion
Je ne suis pas assez naïf pour croire que tout ce que j'ai écrit jusqu'ici puisse convaincre un seul athée du bien fondé de mon opinion. Mais je crois que Dieu est celui qui touche les coeurs. Je crois que Dieu peut - et veut - amener le monde à la connaissance de son Nom. Je prie donc le Seigneur qu'il se révèle à tous ceux qui cherchent la vérité avec un coeur sincère. Je prie pour qu'il touche le coeur de Richard Dawkins et de tous ceux qui persécutent à leur insu l'Église de Jésus Christ en répandant le même mensonge qui fut présenté à Ève il y a plusieurs millénaires. Je prie pour que Dieu leur révèle son amour et sa grâce et qu'ils trouvent en lui le pardon de leurs péchés.
J'invite aussi tous mes frères chrétiens à consacrer leur énergie et leurs larmes pour le salut de ces âmes qui errent loin de la face de Dieu, qui rejettent sciemment son autorité suprême, et qui risquent les tourments éternels. Ne soyons pas des juges mais des témoins. Soyons unis en prière, à genoux, au pied du Trône de Grâce, pour que la volonté de Dieu soit faite dans la vie de chacune de ces personnes, qui sont précieuses à ses yeux. N'oublions pas que Christ a versé son sang pour eux aussi.
Paix.
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