mercredi 13 janvier 2010

Un Dieu obsédé du contrôle et adepte de l'épuration ethnique?

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« Le Dieu de l'Ancien Testament est sans doute le personnage le plus désagréable de toutes les histoires de fiction: jaloux et fier de l'être; mesquin, injuste, rancunier et obsédé du contrôle; adepte de l'épuration ethnique, vindicatif et assoiffé de sang; misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocide, filicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste, tyrannique et capricieusement malveillant. » (Richard Dawkins, The God delusion)


Obsédé du contrôle

Si Dieu avait été obsédé du contrôle, il n'aurait pas permis que l'homme lui désobéisse. Il aurait fait de l'homme un robot qui obéit au doigt et à l'oeil. Mais en vérité, nous voyons dès les premières pages de la Bible que Dieu accorde une très grande liberté à l'homme. Même la liberté de désobéir. Cela étant dit, Dieu n'a pas abandonné la création à elle-même. Malgré la chute originelle, il a continué de veiller sur l'homme et d'exercer sa souveraineté sur l'univers: « Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. » (Matthieu 10.29) Il ne peut en être autrement. Lorsque nous regardons la tendance meurtrière et auto-destructrice de l'homme, nous devinons qu'en retirant toute influence spirituelle de la terre, l'humanité aurait disparu il y a bien longtemps. Dieu contrôle, oui, mais en tenant compte de la liberté accordée à sa créature. En fait, la royauté de Dieu est marquée par un équilibre irréprochable entre le contrôle indispensable à l'ordre établit et le lâcher-prise découlant de l'amour de Dieu pour nous. Et le contrôle de Dieu ne se fait pas de façon obsédée mais passionnée. Car Dieu veut nous voir heureux et il travaille inlassablement à nous séparer de tout ce qui peut nous faire du mal. Tel est l'amour d'un père pour ses enfants.

Adepte de l'épuration ethnique

Nous voyons dans l'Ancien Testament que l'humanité se sépare en deux clans: Ceux qui reconnaissent l'autorité de Dieu et qui se soumettent à son règne. Et ceux qui établissent leurs propres règles et qui rejettent Dieu. Cette séparation se fait dès la deuxième génération humaine, lorsque Abel et Caïn empruntent des voies diamétralement opposées. Abel choisit l'obéissance et l'humilité, tandis que Caïn se révolte contre Dieu et son frère et commet le premier meurtre de l'Histoire. Dieu aurait pu dès ce moment détruire Caïn et exercer sa justice, puisque le sang d'Abel réclamait une rétribution. Mais Dieu manifeste sa miséricorde envers Caïn et lui promet sa protection malgré son exil loin de la « famille de Dieu ». Adam et Ève engendrent alors Seth, qui remplace Abel et qui donne lieu a une descendance dont la lignée conduira éventuellement à Jésus.

Alors que la lignée de Seth s'étend de générations en générations, Dieu élève tout au long de celle-ci des prophètes et des patriarches afin de former un peuple saint et de se révéler à lui. Il lui enseigne la vérité, ce qui plaît et déplaît à Dieu, les rituels par lesquels l'homme peut établir un lien avec son Créateur. Pendant ce temps, la lignée de Caïn donne naissance à une multitude de nations dites païennes, qui rejettent Dieu mais qui s'inventent néanmoins divers dieux et cultes.

Dieu aime les peuples païens. Mais leurs voies lui sont abominables. Leur vie est consacrée à des idoles et certains s'adonnent à des rituels allant jusqu'au sacrifice d'enfants, une perversion du sacrifice expiatoire d'animaux prescrits par le vrai Dieu. Le Créateur ne les laisse pourtant pas à eux-mêmes. Il envoie des prophètes et missionnaires aux nations païennes afin qu'elles se détournent de leur idolatrie (ex: Jonas 1.2 et 4.10-11 et Matthieu 23.15). Mais ces nations rejettent la Révélation. Nous voyons cela encore aujourd'hui. Il existe encore des pays ou les missionnaires doivent oeuvrer dans les coulisses afin de ne pas être emprisonnés, torturés et exécutés.

Il est très important de comprendre le plan de Dieu pour comprendre son attitude face aux nations païennes. Dieu devait se révéler à l'homme et s'assurer de la pérennité de cette révélation jusqu'à l'incarnation du Sauveur de l'humanité. Cela représentait un défi de taille, quasi impossible. Car la chute originelle amenait même la lignée sainte de Seth à se détourner de la vérité. A preuve: lors du Déluge, on ne peut nier que Noé et sa famille (de la lignée de Seth) avaient eu une démonstration indiscutable de la puissance de Dieu. Pourtant, les générations qui suivirent réussirent à oublier les prodiges opérés dans les passé, si bien que lorsque Dieu désigna Abraham (de la lignée de Noé) afin de faire croître et prospérer le peuple élu, ce n'est pas à un homme pieux qu'il s'adressa mais à un adorateur de la lune. Malgré ses origines généalogiques, Abraham n'avait pas la moindre idée de ce qu'était Dieu.

Afin que la Vérité ne se perde pas ainsi continuellement, Dieu devait créer une société politique et religieuse très structurée qui veillerait à la perpétuation systématique de la Révélation (c'est par Moïse, de la lignée d'Abraham, que cette société devait être établie) Et cette société théocratique devait être protégée de l'influence incessante des religions et politiques païennes, sans quoi elle sombrerait dans le paganisme. Cela impliquait des affrontements entre le peuple élu et les peuples idolâtres. Cela impliquait la destructions de peuples entiers. Vu de l'extérieur, cela ressemble à de l'épuration ethnique. Mais en vérité ces guerres et ces massacres ne correspondaient pas aux génocides que l'on voit aujourd'hui. Il ne s'agissait pas de détruire des peuples inférieurs au profit d'un peuple supérieur. Il s'agissait de protéger la Révélation. Car la vérité n'a pas de prix. Et ce n'est que par elle que l'humanité pouvait être sauvée. Si le peuple élu avait été englouti par le paganisme, la vérité aurait été perdue à jamais. Et la naissance du Christ n'aurait résulté qu'en un rejet universel, condamnant l'humanité entière à la damnation.

Ce n'est pas que Dieu prenait plaisir à ces massacres. Il ne condamnait pas hommes, femmes et enfants en se frottant les mains devant ce terrible spectacle. Mais la mort était un mal nécessaire. Une issue incontournable découlant de la chute originelle. Dieu devait protéger son peuple car ce faisant il préservait non seulement la Vérité mais son honneur et sa gloire. Pour l'homme charnel, cela demeure absurde. Car l'athée estime que l'homme est le centre de l'univers, une valeur absolue et fondamentale à partir de la quelle toute morale doit être déterminée. Mais dans les faits, conformément aux Écritures, DIEU est la valeur absolue, le fondement de toutes choses. Son honneur, sa gloire, sa Parole importent plus qu'une vie humaine. Ce n'est pas que l'homme est insignifiant. Au contraire. Mais Dieu demeure au-dessus de toutes choses. Mais l'homme a tellement été conditionné à se prendre pour un dieu qu'il ne peut accepter qu'une chose ou une personne puisse être plus importante que lui. La seule évocation d'une telle possibilité lui semble être un blasphème contre le règne humaniste.

Mais alors, si Dieu a permis et même commandé le massacre des peuples au nom de la Vérité, cela justifierait-il les inquisitions de l'Église Catholique ainsi que tous les meurtres commis au nom de Dieu? Aucunement. Car à la naissance de Christ, la société théocratique et religieuse visible formée par Dieu s'est dissoute pour faire place à un Royaume spirituel d'envergure universelle. La mort et la résurrection de Christ a défait l'empire du mal et a rendu inutiles et même hautement répréhensibles les guerres saintes. Car l'événement du Messie a établi une fois pour toutes le règne de Dieu sur la terre. Un règne établi et perpétué non pas la violence autrefois nécessaire mais par la puissance de l'Esprit de Dieu se manifestant à travers la communion des saints.

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