dimanche 6 décembre 2009

Des doutes sur la Bible?

"Ce n'est pas à l'intelligence que l'insensé prend plaisir, c'est à la manifestation de ses pensées." (Proverbes 18.2)

Lorsque nous lisons la Bible, notre raison s'objecte régulièrement.  La Parole de Dieu soulève des questions et nous laisse perplexes.  Et c'est ce qui nous permet de comprendre qu'elle est véritablement une révélation divine.  Si la Bible était entièrement compréhensible et raisonnable selon notre jugement faillible et limité, cela démontrerait qu'elle n'a rien de divin et de transcendant.  Mais l'homme, dans son orgueil, ne peut concevoir que la vérité lui échappe.  Si quelque chose le dépasse ou lui semble déraisonnable, il saute immédiatement à la conclusion que ce doit être faux ou inexact, ce qui révèle sa prétention intellectuelle.  En n'acceptant pas avec humilité la Révélation, l'homme l'adapte à sa propre conception du monde, de la vie, de ce qui est juste et raisonnable, puis il fait de ce dérivé spirituel sa propre vérité.

Ainsi, l'homme ne se rend pas à la vérité qui libère et à Celui qui désire la lui révéler.  À cause de son intellectualisme arrogant, l'homme marche dans sa propre conception du monde et dirige ses pas selon sa propre volonté, rejetant tout ce qu'il n'arrive pas à comprendre et se privant du mystère de la Révélation.  À partir de ce moment, il peut multiplier à l'infini les initiatives religieuses et les actes de piété, mais son refus de se soumettre à la vérité l'empêche de mourir à lui-même et d'accueillir Dieu dans tout ce qu'il est .  Puis, lorsqu'il meurt, sa rébellion jusqu'alors embryonnaire se révèle en plein jour.  Le mince vernis d'humanisme se dissout dans la soudaine explosion de sa véritable nature, où l'homme injure Dieu et lui reproche sa nature et ses jugements.  Il est dès lors inutile de souhaiter que cet homme puisse être libéré de l'enfer éternel.  Car nous réalisons qu'il est étranger au coeur de Dieu, à sa volonté et à ses jugements.  Il hurle sa haine pour la lumière et est consumé par l'exaltation idolâtre de sa propre personne, jadis inavouée mais maintenant manifeste.

La raison est un don précieux que Dieu nous a fait.  Mais lorsque nous faisons de notre raison l'organe dictateur d'un intellectualisme arrogant, nous courrons littéralement à la damnation.  Car nous élevons la raison au titre de dieu, exprimant de façon implicite, dans chacune de nos objections ouvertes, que tout ce que notre raison ne peut accepter est forcément faux ou suspect.  Nous transformons une faculté humaine limitée de par sa nature-même et biaisée par le péché, en une référence absolue, qui détrône Dieu de notre coeur.  Nous tentons de réduire le mystère infini de l'existence en une simpliste et naïve équation mathématique.  Et désormais, Dieu arrive au second rang, s'il n'est pas carrément exclu du champ de la conscience et des convictions, car il n'a pas été "à la hauteur" de nos majestueux raisonnements et de notre prétendue omniscience.  Nous prétendons que nous connaissons plus que Dieu, que nos jugements sont plus avisés que les siens, que nos voies sont plus raisonnables que les siennes.  Puis, convaincus de notre supériorité, nous convenons, individuellement puis collectivement, que Dieu n'a pas créé l'homme mais que c'est l'homme qui l'a créé.  Ultime affront et écueil du raisonnement, qui amène l'homme à nier l'existence de son propre Créateur, à ne plus attribuer de Cause éternelle à la manifestation de ce qui est temporel et à vivre comme s'il se suffisait à lui-même et qu'il n'avait plus à rendre compte de ses actions.  De ce fait, la justice et la moralité perdent leur caractère absolu et la notion du bien et du mal est déchirée comme une proie par la rage meurtrière de l'empire des sens.

Certes, il nous est permis de nous questionner sur la vérité.  Dieu nous invite à la réflexion.  Mais il y a une forme de questionnement qui procède de la rébellion, où la question n'est pas destinée à dévoiler la lumière mais à brouiller les pistes, où chaque "pourquoi" n'est pas le fait d'un enfant qui exprime en toute simplicité ses interrogations, mais constitue plutôt une mesquine remise en question de la souveraineté de Dieu.  Alors que le doute peut être la phase transitoire que traverse un esprit renouvelé par Dieu, il peut aussi être un mode de pensée complaisant qui sert de justification au statut quo spirituel et au refus de rendre les armes à Dieu.

Chaque fois que je lis la Bible et qu'un passage me laisse perplexe, je dois me questionner sur l'origine fondamentale de mon questionnement.  S'agit-il d'un honnête effort de compréhension de ma part? ou d'un écho satanique qui résonne depuis le jardin d'Éden, visant à jeter le doute et le discrédit sur les intentions de Dieu à mon égard; " Dieu a-t-il réellement dit...?" (Genèse 3.1)  Et cette introspection est nécessaire non seulement pour la lecture de la Bible mais pour la lecture des événements de ma vie.

La vérité ne peut être reçue qu'avec humilité. Dieu ne nous demande pas de renoncer à la réflexion mais à l'idolâtrie.  Il n'exige pas un suicide intellectuel mais un assujettissement de l'intellect à la suprématie de Christ.  Dieu est amour, vérité et vie.  Douter de cela amène à l'égarement.  Remettre en question ces attributs sous prétexte que la raison ne peut tout comprendre conduit à la décadence.

Finalement, lorsque la raison s'objecte et exige une révision de la vérité, il peut être bon de se poser la question:  Suis-je vraiment prêt à accepter dans ma vie un Dieu qui est plus grand que moi?  Suis-je prêt à renoncer à toute déification de mes facultées intellectuelles afin de me rendre au Dieu qui a dit: "Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées." (Ésaïe 55.9) ?


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